La France

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En 1945, mon père Français, et aussi Juif, alors âgé de 14 ans, faisait tout pour retrouver sa soeur, 10 ans, habitant quelque part en France. Ils avaient été tous les deux placés dans un orphelinat, séparés, à des kilomètres de distance, après l’enlèvement de leurs parents. Mes grands-parents donc, sont morts dans les wagons les menant aux camps de concentration. Après leurs retrouvailles, mon père et ma tante ont fait des démarches pour se faire adopter tous les deux au Canada et donc, avoir leur citoyenneté Canadienne, ce qui fût fait. Ils ont été adoptés par la famille « Laxer », ici à Montréal, dans le quartier « Snowdon ». Je suis extrêmement touché et ému ces jours-ci car j’entreprends les mêmes démarches, mais à l’inverse. Je suis régulièrement en communication avec la France dans le but d’obtenir ma citoyenneté Française. Je serai donc Français, en plus d’être Canadien, j’espère pour mon 57e anniversaire de naissance ce mois-ci, ou alors pour le sien, le 23 Mai. Papa nous a quitté en janvier 1989, à 57 ans, à cause d’un bête accident d’automobile; inutile de dire que je pense à lui très fort en ce moment.

Italie

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Mars 2016

L’art, la beauté, le goût, en conséquence la jouissance de toutes ces facettes que nous présente ce magnifique bijou qu’est la vie, est créée et prévue pour nous tous femmes, hommes de partout, ici, en Italie. C’est tout simplement magnifique. Cette présence artistique effervescente, culturelle, esthétique, historique, me chavire. Partout où l’on pose nos yeux, c’est beau et émouvant.

S’aimer

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Tu dois avoir une grande valeur à tes propres yeux, car un jour, ta valeur aux yeux des autres baisse et tu te retrouves seul face à toi-même.

Le monde a besoin d’amour

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Oui, le monde, le monde dans lequel nous vivons, il n’en peut plus, il a besoin de craquer, de casser, de s’effondrer, de se laisser aller à fondre en larmes, à pleurer, pleurer jusqu’à épuisement, pour ensuite se faire consoler tout à fait, en voyant que ce qui se fait de mieux ailleurs dans le monde en culture, en santé, en éducation, existe pour vrai, oui, se faire consoler jusqu’à avoir la force, tout doucement, de se reconstruire.

Théâtre

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La première du « prince des jouisseurs », en tournée, aura lieu demain. Je suis ému. Très ému. Demain sera la dernière première que je vivrai comme acteur de théâtre. Telle est ma décision. Oui, je suis serein et rempli d’un amour sincère et gigantesque pour tous les gens avec qui j’ai travaillé depuis 35 ans. Je suis heureux de terminer avec cette magnifique pièce écrite par mon ami Gabriel Sabourin, lui aussi un enfant de la balle, dans laquelle je joue le rôle de celui, avec Molière, qui m’a transmis le désir de monter sur scène: Georges Feydeau. Merci Gabriel, merci la vie, merci mes amis. Aussi, merci papa, de m’avoir fait découvrir le métier d’acteur à travers ces auteurs merveilleux. Je te sais présent et en accord avec ma décision. X

M. Martineau

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M. Martineau vous m’insultez.

Je vous cite:

« Alors, vous avez changé votre photo de profil Facebook pour la mettre aux couleurs de la France ?

Vous avez retweeté le mot-clic #WePrayForParis? Vous vous êtes pris en selfie en tenant un carton disant: «Pas en mon nom»? Vous avez allumé des chandelles? Parfait. Vous avez fait tout ce qu’un bon citoyen doit faire pour manifester sa compassion au monde entier. Rayon «Bienveillance 2.0», vous avez 10 sur 10. Vos amis virtuels sont fiers de vous et vous envoient un «poke ».

REGARDER LA RÉALITÉ EN FACE.

Maintenant, on peut passer aux choses sérieuses. »

Quelle ironie M. Martineau!

Lorsque vous dites « passons aux choses sérieuses » dans cet article du Journal de Montréal  du 16 novembre 2015, vous m’insultez, M. Martineau. Vous nous insultez. Nous, qui avons mal, qui avons peur, et qui avons besoin de l’exprimer. Comprenez-moi bien, vous avez bien sûr le droit d’utiliser votre style désormais célèbre pour écrire des choses contraires à ce que pensent vos contemporains, vous avez aussi le droit de nous faire croire que vous n’êtes pas touché par les tristes évènements de Paris, car, à mon tour d’ironiser, vous êtes un intellectuel fort, intelligent et surtout insensible, qui sait lui, comment réagir.

Mais nous, pauvres gens du peuple, à qui pourtant vous prenez le temps de vous adresser, nous, qui nous tenons la main à travers le monde, en pleurant, nous qui cherchons des preuves d’amour partout, même sur Facebook, pour contrer ces terribles manifestations de haine qui nous ont donné un énorme coup de poing, nous avons tort à vous yeux? Nous sommes ridicules? Ce n’est pas « bien » de ressentir les choses et de l’exprimer?

M. Martineau, nous ne sommes pas des imbéciles. Nous savons bien qu’il faut réfléchir, analyser, et ensuite agir de manière intelligente et sensée, mais s’il vous plaît, sous la force du coup, du coup énorme que le monde vient de subir, laissez-nous ressentir. Je vous en prie, arrêtez d’en rajouter en détruisant les gens autour de vous, vous ne faites que jeter de l’acide sur nos plaies et la douleur augmente.

Donnez-nous le temps et le droit d’avoir mal, de l’exprimer sans avoir à subir votre jugement sur nos sensibilités.

Alain Zouvi

Culcul

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Soyons culcul. La vengeance ne devrait pas exister. Car c’est grâce à elle que des peuples se battent pendant des centaines d’années sans même se souvenir de la cause de leurs conflits. C’est nourri par elle que le cercle de la violence tourne, tourne et tourne sans pouvoir s’arrêter. C’est pour elle qu’on devient aveugle mais surtout qu’on ne veut pas voir la vérité. Alors si on essayait d’être culcul? Ça ferait mal? Si on remplaçait la vengeance par l’amour? Par la compassion et la générosité? Ouille oui, je sais, je sonne culcul; c’est triste que ça t’irrite que je sois culcul, parce que ça t’empêche d’essayer de l’être, toi. C’est dommage parce que ça marche, et je suis certain que ça ferait de notre monde un endroit extraordinaire où les êtres humains voudraient sincèrement vivre ensemble au lieu d’être motivés par la peur de l’autre et donc de fuir ou d’attaquer. Oui oui, je sais je suis culcul. J’ai essayé et je suis resté accroché à cause du résultat. X

Cher Alan

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Tu n’as pas voulu, petit, je sais. Tu n’as pas voulu partir en mer pour fuir l’horreur de ton pays, on t’y a emmené de force, mais surtout pour ton bien. Tu n’as pas voulu, petit, perdre l’étreinte de ton père qui essayait de te tenir au dessus de l’eau, et ce, à la vue de ta mère et de ton frère, dans cette mer, pour être aspiré dans ses profondeurs, emporté par la force du courant, créé par le bateau qui s’enfonçait irrémédiablement, lui aussi. Tu n’as pas voulu, petit, être ramené sur la grève, face contre terre, tes petits bras le long de ton corps, le visage dans le sable mouillé; tu n’as pas voulu, petit, devenir le symbole de la lutte contre la soi-disant logique politique implacable. Tu n’as pas voulu, petit, nous réveiller et nous amener, nous tous, sans exception, à réfléchir sur nos décisions, nos valeurs, nos actions, en oubliant jamais que nous avons tous été comme toi, petit, petit, si petit, au bord de la mer, avec un sceau, une pelle et des étoiles dans les yeux, construisant le plus beau des châteaux de sable. Tout ce que nous voudrions te donner mon chéri, c’est l’amour, l’Amour immense dont nous avons tous ressenti la force et surtout… le besoin gigantesque ce matin.

Respect

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Sous prétexte d’être « vrai », de dire ce qu’il « faut » dire, on a éliminé le respect. Oui, être respectueux de nos jours, ça fait faux, c’est mentir, c’est faire semblant, c’est du « fake ». À l’antenne des radios-poubelles et tous les jours sur les réseaux sociaux, même jusqu’à l’assemblée nationale, on est « vrai » maintenant, « on dit les vraies affaires ». Ça a d’ailleurs été un slogan politique il y a quelque temps. On s’insulte, on se crie après, on dénigre, on diminue, on détruit, on tue des réputations, on atteint au plus profond de l’âme humaine, on recule au lieu d’avancer, mais, on est « vrais ».

Cette façon de faire, malheureusement à la mode dans plusieurs domaines depuis quelques années est, je crois, nuisible au plus haut point. Cette nourriture intellectuelle est un poison pour l’esprit et un très mauvais exemple pour nos enfants. C’est une arme de destruction massive. Cette attitude, qui existe aussi en humour de nos jours, empêche toute analyse intelligente, toute élaboration saine de projets intéressants et le plus important, tue tout échange qui ferait avancer les choses de manière constructive et productive, et ce, dans quelque domaine que ce soit.

Est-ce un manque de culture? Posons nous la question.

En étant respectueux, on utiliserait une façon de dire les choses et d’échanger avec l’autre, qui ferait avancer le débat de manière civilisée. Et les arguments n’en seraient pas moins « vrai », il me semble.

Mais pour ça, il faut avoir appris. Enfin, ça aurait dû s’apprendre chez certaines personnes à un certain moment de leur vie.

« Mieux vaut tard que jamais ». C’est dur, ça demande un peu d’effort, du travail, de l’abnégation et de la compassion. Oui, mais ça s’apprend. Ça vaut le coup pour grandir ensemble. Non?

On ne veut plus apprendre.

On ne veut plus grandir ensemble: c’est quétaine,

On veut être « vrais »

AZ

18 :00 lundi le 28 avril 1975

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Tu as 18 ans. Moi 16. Tu te souviens? Tu es dans ma chambre, chez ma maman, pour la première fois et tu me fais découvrir Bernard Haller, le grand humoriste Français. Seuls au monde, nous écoutons l’artiste. Quelle découverte! Ton rire unique, contagieux, magnifique m’a séduit. Tu sais, la joie de voir ton immense plaisir à partager ce bonheur avec moi m’a rendu amoureux de toi. Oui, tu as raison, j’étais déjà séduit et amoureux de toi depuis quelques jours. Cette soirée-là, nous avons fait l’amour. Pour moi, c’était la première fois. Je voulais rester à l’intérieur de toi pour toujours. Maintenant, c’est toi qui vis à l’intérieur de moi pour toujours.

Car en 2003, tu es partie, pour toujours. 

Merci d’avoir été dans ma vie.

XXX