Chaque seconde…

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Depuis que je suis véritablement conscient qu ‘il me reste moins de temps à venir que celui que j’ai déjà vécu, je jouis de chaque seconde. J’entends par là que chaque échange, chaque discussion, chaque sentiment et chaque émotion, a une importance et une signification essentielles. C’est ça profiter de la vie?

La leçon

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Après les évènements tragiques de Floride, voir tous ces jeunes qui protestent, qui crient, qui pleurent, qui posent des questions essentielles, qui exigent des réponses sensées et des solutions durables, voir ces jeunes êtres humains courageux, intelligents, patients, qui réussissent, tout en étant encore sous le choc, à raisonner, à parler intelligemment, voir ces jeunes dis-je, me bouleverse et me touche au plus haut point. Ils me redonnent espoir et confiance.

La force de la vie et de l’humanité, contre la peur, la honte et l’argent.

Le chemin

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Nicole et moi.jpegJulius, Nicole Leblanc et moi entre 2 scènes de 4 1/2 vers 1999

En 2017, j’ai perdu dix personnes; des connaissances, des camarades, des amis. Dix. On a beau s’habituer à la perte des être chers, il est normal de se retrouver face à sa propre fin lorsqu’on en perd autant, et ce, si rapidement. Il reste moins de temps en avant qu’en arrière! Plus on vieillit, plus nombreux sont les gens qui nous quittent; c’est dans l’ordre des choses, c’est la loi de la nature.

Aussi,  je réalise que suis chanceux de pouvoir continuer à avancer, alors que d’autres sont partis. Je me dois donc de profiter de tout ce que je vis en ce moment, alors que plusieurs ne le peuvent plus.

Je pense très fort à vous mes amis, tous les jours. Dans mes songes, je partage avec vous tout ce qui s’est passé depuis que vous nous avez quittés.

Victor, Jeannine, Jean, Mireille, Julius, Donald, Benoit, Paul, Nicole… je pense à vous très fort, je vous emmène avec moi, en vous racontant, dans les moindres détails, cette folle aventure qu’est la vie qui continue.

Je veux la partager avec chacun de vous que j’ai aimé… que j’aime pour toujours.

Transmission

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Encore une fois, chère maman, je te parle ici. Je le fais par écrit parce que je crois que si je marmonnais à voix haute, dans des lieux publics, on me prendrait pour un fou.

Je t’écris donc une fois de plus pour te dire ceci:

Je réalise que sans en avoir l’air, tu m’as appris la vie. Simplement, honnêtement, presque malgré toi, tu m’as inculqué des valeurs d’une grande importance. Tu te souviens?

« Tiens TOUJOURS tes promesses »; celle-là, je ne l’ai jamais oubliée. Bon, j’ai déjà perdu un contrat très payant et prestigieux parce que j’avais donné ma parole pour un petit contrat totalement invisible, avec un cachet de crève-la-faim, mais je sais quand même que j’ai pris la bonne décision.

Ah oui celle-là: « Tu t’en souviendras pus l’jour de tes noces! » Même si je me suis marié deux fois, cette phrase m’a aidée à de nombreuses reprises et m’aide encore souvent maintenant, même à 58 ans; elle me sécurise.

Je me souviens aussi de: « Quéssé qu’il dit? J’comprends rien, « y’ phlase!!!! » Oui ou non? C’pas compliqué ça! » Tu avais bien raison: pourquoi compliquer les choses; vive le pouvoir du «gros bon sens »

Et la plus forte: en quittant cette terre, ton dernier message a été celui d’une femme qui a dû se débrouiller toute seule pour élever un fils qui maintenant pense souvent à toi, toi qui lui a transmis le vrai, l’important, l’essentiel: l’amour.

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Jean Gagné

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Jean, c’est l’amour de la vie, le plaisir de partager, d’échanger, de découvrir, de voir, d’apprendre…Sa grande leçon: l’importance de l’amour.

Jean admirait le fait que, derrière toute chose, tout objet, tout instrument de musique, toute œuvre d’art, il y a un être humain qui crée, qui joue, qui invente et qui vit.

Jean, c’est l’enthousiasme.

Merci Jean.

Merci d’avoir été un exemple, un merveilleux grand-papa pour mes enfants. Merci d’avoir été mon ami.

Les nerfs le bedeau

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Il y a quelques jours je suis allé aux funérailles d’un membre de la famille de ma douce. Parmi les invités à l’église, il y avait un couple que je ne connaissais pas, avec un jeune enfant d’environ 5 ans. Après la cérémonie, la salle principale de l’église s’est vidée et les gens se sont dirigés vers le sous-sol pour une réception. Mon amoureuse est restée à discuter avec la maman du petit garçon dont le papa lui, s’était déjà dirigé comme les autres invités, vers la petite rencontre. Je me suis donc retrouvé à deux pas d’un confessionnal, près du petit garçon, de la maman, et de ma conjointe, qui elle, et de là le quiproquo, était cachée aux yeux du bedeau qui arriva juste à ce moment-là. Les deux femmes discutaient.

Il me dévisagea avec une énorme colère contenue et marmonna assez fort pour qu’on l’entende: « Y a pas d’argent pour les lampions… »

Je lui fis la face de l’incompréhension totale.

Ne me laissant pas trop le temps d’intervenir et voyant le regard de la maman sur lui, il explosa, en colère: « Les lampions! Ça coûte cinq piasses ça les lampions! Cinq piasses chaque! Y’en a plein d’allumés!  »

Silence…nous le regardâmes, surpris.

« Y’en a plein d’allumés, pis y’a pas une cenne dans’ a boîte!

Il fit une petite pause, puis, dans un élan du coeur:

« C’tu écoeurant! »

Et finalement, il me regarda et dit:

« Je les ai éteint! »

Puis il m’envoya plein de flammèches avec ses yeux et claqua la porte de la sacristie. Je l’entendis marmonner de manière incompréhensible de l’autre côté de la porte pendant qu’il s’éloignait.

 

Intolérance

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Loin de moi l’idée d’approuver le comportement d’un professeur qui aurait eu des propos aptes à démolir la confiance en eux des jeunes étudiants en théâtre. Le respect est une valeur à laquelle je crois et à laquelle je tiens. Le professeur se doit de respecter ses élèves. Par contre, profiter de la vague d’accusations importantes et essentielles dirigée vers certains abuseurs et certains violeurs, pour se plaindre de la même façon, avec la même véhémence, et ce, sur la place publique, de l’attitude d’un professeur, et ainsi donc, par le fait même, de le mettre dans le même « bateau » que toutes ces personnes, est tout à fait inadmissible. Il aurait tellement été plus à propos, de la part du conservatoire, de le convoquer au bureau de la direction pour lui faire part des plaintes, ainsi que de leur gravité, et de lui demander de changer son attitude pour éviter, au pire, un congédiement. Au lieu de cela, un excellent acteur, un professeur d’expérience, qui a donné une grande partie de sa vie à l’enseignement, est renvoyé, sans autre forme de procès. Je ne nie pas la douleur de certains étudiants, mais je crois que si on avait pris le temps de parler à Gilbert, que si on lui avait donné la chance de réparer ses erreurs, de changer son approche, le problème aurait été résolu. Je crois que nous devenons de plus en plus intolérants et j’ai peur de l’intolérance.