Deuil de l’enfance

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Petit, tu vas voir, la vie est belle,
promis…
Mais elle passe vite.
Ton papa t’aime
Ta maman t’aime
Ils t’aimeront toujours,
même partis.
Mais un jour mon enfant,
tu seras celui
qui deviendra le grand,
le grand corps sérieux, responsable.
Toi, tu seras toujours présent mon petit,
bien enfoui, à l’intérieur,
mais toujours là. Pour toujours.
Il faut.
Petit,
Reste.
Ne t’en va pas!
Le temps a beau passer,
toi, reste,
reste toujours là, en moi, avec moi,
dans mon cœur.
Accompagne-moi,
tu vas voir, la vie est dure,
parfois cruelle,
mais elle est belle,
promis.
Mon enfant, mon petit à moi, reste là, ne t’en va pas,
je t’en prie, reste dans mon cœur:
Il a besoin de toi, mon coeur.
Tout les petits qui ont quitté
le cœur des grands
se cherchent un refuge et sont tristes.
Ils passent leurs vies, malheureux, perdus parmi les chaussettes uniques et les lettres d’adieu…
Et que dire de ces grands corps vides, qui errent, obsédés, sans enfance,
cherchant sans arrêt leur naïveté,
En quête d’amour, d’enthousiasme, d’énergie, de passion,
parfois d’amour.
Petit enfant, reste là, ne pars pas;
J’ai besoin de toi pour toujours, afin de rire
de m’attendrir, de sourire,
et surtout,
Ô bonheur suprême, de pleurer de joie,
de pleurer de bonheur et d’admiration…
Ce sont ces grands corps vides, sans toi, mon petit enfant,
qui ne rient plus,
et surtout
qui ne pleurent plus
de bonheur.

Manipulation

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À voir la façon dont les gens sont manipulés par des gens payés pour le faire, sur tous les réseaux, de façon à emmener l’opinion publique où ils veulent, à voir l’agressivité qui y règne maintenant, la détresse, l’adhésion à des espèces de sectes de la fausse vertu, à voir des camarades, des connaissances, tomber dans le panneau de cette propagande haineuse et destructrice, je dois remettre en question (encore une fois) ma présence sur ces réseaux. J’essaie de surveiller la nourriture que je donne à mon corps, je dois le faire aussi pour mon cerveau. À ceux qui croient encore que l’amour est le sentiment essentiel, le véhicule, le modus operandi d’une vie en société, je suis avec vous. Je n’adhèrerai jamais à quelque forme de haine que ce soit. Je vous aime.

RETOUR AUX SOURCES

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RETOUR AUX SOURCES

Je suis de retour. Je suis rentré à la maison, après un voyage de près de quarante ans. Je suis revenu dans l’appartement où ma mère a vécu pendant 50 ans. Vous dire l’effet que ça me fait mes amis ! Je m’installe tranquillement. Doucement, en observant tout, je suis ouvert à toutes les sensations. Chaque petit espace dans l’appartement a une signification marquante; je peux raconter l’histoire de chaque latte de bois, de chaque grain de plâtre, de chaque poignée de porte… Comme le cerveau humain est bien conçu, je ne conserve que les plus beaux, les plus enrichissants, les plus merveilleux souvenirs. Les essentiels. Ceux qui bouleversent. Et ils sont nombreux: le plancher de ma chambre, usé et rayé par les bâtons de hockey, que je vois, même sous le vernis (oui, à l’intérieur), la vue de l’Oratoire quand je suis étendu sur mon lit, l’endroit où j’ai appris au téléphone que j’étais accepté à l’école nationale de théâtre, ce qui allait changer ma vie, mes anniversaires pendant lesquels je devenais « Le roi de la ruelle », les réceptions avec Olivier Guimond, Denis Drouin, Paule Bayard, la première Bobinette au début des années 1960, Guy L’écuyer, Rolland Guay, le réalisateur des « Enquêtes Jobidon », Monique Mercure, Jeanine Sutto, …mon ami Stéfan et sa maman Françoise, mon parrain Daniel qui a été essentiel dans ma vie. Comme j’aimais et comme j’aime toutes ces personnes! Tout me revient; je me souviens des tests de maquillage destinés à enlaidir ma mère pour le rôle de « Bec de lièvre » dans le film « Il était une fois dans l’est ». André Brassard et Michel Tremblay étaient avec nous, je retrouve le décor naturel et intact qu’on retrouvait dans tous les films 8mm que je tournais avec mes « amis de la ruelle ».

J’ai immédiatement revu l’endroit dans la maison où j’ai dit « Je t’aime » pour la toute première fois…

Bien sûr, je pense à ma mère et à mon père qui ont vécu ici ensemble, avec moi pendant huit ans, et qui m’ont donné, entre autres, les plus beaux Noëls de ma vie.

Je vous entends déjà! Eh bien non, sachez que je ne veux pas retourner dans le passé, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’avant tout était plus beau. Mais, oui, je suis nostalgique, car j’aime me souvenir. Je veux me rappeler tous mes fantômes, qui, pour remplir mes rêves, reviennent quand j’ai besoin d’eux.

Aussi, je ressens une immense gratitude en réalisant la chance que j’ai eue, que j’ai toujours, et que je continuerai d’avoir, en fréquentant des amis aussi fidèles que vous et en plongeant dans l’avenir avec une joie et un enthousiasme débordant, en pensant à ceux qui sont là et qui le seront pour l’éternité.

Alain

Respect

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Plus que jamais le respect. De qui nous sommes, du lien qui nous unit, de notre amour, de notre amitié. Oui je sais, plus que jamais les questions aussi, c’est absolument nécessaire, oui, bien sûr. Mais… plus que jamais l’autre, j’en suis convaincu, car personne ne sait véritablement. L’autre, la compréhension, la compassion, l’élan courageux, l’écoute, l’association, la marche ensemble vers le but commun. De plus en plus, ces jours-ci; les insultes, le dénigrement, la colère, les « moi je sais, vous, vous ne savez pas, je détiens la vérité », la séparation totale, les jugements, les accusations. Mais la vérité c’est qu’on ne sait rien. Donc il faut trouver. Vite. Quoi que ce soit. N’importe quoi. Sans comprendre. Sans logique: Complots? Évidemment, oui normal, avec la peur. Ah la peur; la chasse au coupable, à tous les coupables, aux responsables, à tous et à n’importe qui, la méfiance, les croyances, la conspiration; car il faut croire en quelque chose, n’importe quoi, pour se soulager…Oh oui, ça fait mal la peur, l’impatience, l’inconnu, oui oui oui, tout ça, c’est tout à fait compréhensible, bien sûr, mais c’est dans l’association, l’amour, l’amitié et la collaboration que nous y arriverons. Plus que jamais, l’autre. L’AUTRE. Ensemble, pas contre. Avec, pas sans. Éloigné du corps mais très près du coeur, il le faut.

L’autre

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S’ouvrir aux autres est tellement plus inspirant que de rester replié sur soi-même. La source de notre raison d’être est dans l’écoute, l’apprentissage, la découverte, l’inspiration, et le partage. Si je prends le temps d’écouter l’autre et de le « mettre en valeur », il fera la même chose avec moi, et la relation sera vraie et essentielle. Comme au théâtre. Si, en tant qu’acteur, je prends le temps d’écouter l’autre, mon partenaire, et de le « mettre en valeur », il fera la même chose avec moi et la scène sera vraie et essentielle. Dans les deux cas, rester replié sur soi-même, encouragera la médiocrité et empêchera d’emmener la relation, la scène, où elle devrait aller, c’est à dire le plus loin possible.

Futur

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Des pensées s’étalant sur le « il y a longtemps », les 60 années de vie pour regarder loin loin loin derrière, mais pas si loin dans le fond, non, car tout semble juste à coté; 38 ans de scène, 11 ans de mises en scène, un peu de cinéma, pas mal de télé, beaucoup de doublage, 10 ans d’enseignement, énormément d’amour, d’amitié, de complicités, des enfants merveilleux qui me comblent… Retour sur le passé éloigné et celui pas si lointain; celui des regrets, de la nostalgie, de la fierté, des déceptions, des amours, du bonheur, des joies, de la tristesse, des deuils, des réussites, de l’incompréhension, des remises en question, et…

Je cherche un futur. Il me semble plus court celui-là. Moins profond? Pourtant…Plus superficiel car dans l’habitude, le « je connais ça pour l’avoir vécu»?

Pourtant, pourtant, pourtant, comme disait Jean Gabin, je sais. Je sais, je sais, je sais…que je ne sais pas. Alors c’est merveilleux… j’ai donc le choix, le beau choix, celui de vivement m’ouvrir aux désirs, aux rêves, aux surprises, aux joies, à la grandeur, au respect, à la générosité, à l’autre, aux autres, à l’amour du jeu, aux artistes, aux gens, aux personnes, aux humains, naturellement, profondément, sincèrement, pour les accompagner avec toute l’affection du monde, le plus haut, le plus loin possible, et vivre avec eux l’essence même de la vie, et ça, ce sera toujours déterminant. Oui il le faut. Car c’est ça l’amour.

C’est ça la vie. Et c’est capital.

Que tu le veuilles ou non

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Tu as la force de rayer, d’éliminer, de détruire, d’effacer. Oui. Tu as le pouvoir de faire réagir, le pouvoir de faire pleurer, de blesser, et tu le sais, tu connais ce qui me fait mal, je te l’avais expliqué en détail, sans pudeur, je t’avais montré mes faiblesses. Quel imbecile j’ai été…Alors, tu sais ton pouvoir et tu as réussi, fière, tu renvoies ta douleur sur moi et tu me fais mal; mais tu te trompes de cible. Oui. Je ne suis qu’une entité sur laquelle le ricochet a lieu, que tu le veuilles ou non… et ça te revient en plein visage. Tu resteras avec la blessure et moi, je guérirai; je ne suis que ton miroir…Oui; que tu le veuilles ou non.

Mes amours

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Mes amours,

il y a 34 ans que j’ai des enfants. Vous savez que vous faites de moi un homme à part entière, un père heureux et fier? Comme je suis heureux de vous avoir dans ma vie! Je remercie le ciel tous les jours de m’avoir prêté de si beaux et si merveilleux enfants; intelligence, compassion, ouverture, écoute, passion pour les autres et pour la vie, intéressants, généreux et vrais.

Vous me manquez, mais ça c’est normal et vous le savez, le parent est toujours en manque; mais savez-vous aussi que je ne vous observerai jamais assez, que je ne vous entendrai jamais assez, que je ne serai jamais assez en votre présence, que je ne vous aimerai jamais assez?

Bonne année mes trésors de la vie,

Papa

La table

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Toute une génération de metteurs en scène, d’auteurs contemporains et d’acteurs est en train de partir. Normal. La logique implacable de notre finitude. Mais c’est toujours difficile de les voir nous quitter. Sur mes films 8mm, autour de la table familiale que je possède maintenant chez moi, je peux voir une bonne partie de cette génération. Quelle troupe ça ferait aujourd’hui. Paule Bayard, la première Bobinette, Guy Lécuyer, Albert Millaire, Amulette Garneau, Hélène Loiselle, Jacques Zouvi… entre autres. Plus tard, je me souviens, autour de la même table; Olivier Guimond, Marcel Gamache, Denis Drouin et leurs familles. Et ensuite, mais eux sont toujours bien vivants: Michel Tremblay, André Brassard et leurs personnages. Les tests de maquillage pour ma mère en “Bec de
lièvre” pour le film “Il était une fois dans l’est”. Trois époques, trois facettes de notre milieu culturel, la même table, que j’ai le bonheur d’avoir dans ma cuisine. Ces grands artistes m’ont émerveillé, passionné, épaté, intrigué. Beaucoup plus tard, j’ai eu la chance en tant qu’acteur, de travailler avec plusieurs d’entre eux. Je ne le montrais pas toujours mais ce fût extrêmement touchant. Je me rappelle aussi de Jean-Pierre Ronfard et de Robert Gravel choisissant avec moi les sons et la musique du “roi boiteux”, tous les deux assis sur mon lit, dans ma chambre chez ma mère!
La table n’était pas loin…
Ces jours-ci, je travaille avec une Béatrice Picard en pleine forme.
J’ai aussi l’honneur et le bonheur de monter une adaptation formidable de Michel Tremblay.
 
Je suis encore très ému en travaillant sur ces deux projets.
Et je fais exprès; seul chez moi, je m’assois à la même table, pour y travailler, soixante ans plus tard.

Ah, nostalgie!

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Quand je me retourne pour regarder derrière moi, je m’attends à retrouver les choses au même endroit, les arbres, petits, les camarades avec la même voix, les enfants tout jeunes, les magasins encore ouverts avec la même raison sociale, les amis avec la même allure, ou au moins, toujours vivants, mon corps sans son vécu. La réalité est toute autre; le paysage a changé, les arbres sont immenses, certains mêmes, sont tombés, les « condos » remplacent les maisons, les femmes me sourient moins, les restaurants ont déménagé ou fermé, les gens ont vieilli, plusieurs nous ont quitté, malheureusement. Je tente sincèrement de regarder devant moi, loin en avant, sans essayer de retrouver le passé, le même passé, en évitant de faire renaître certains moments dissous qui m’ont jadis rendu heureux, mais en vain; les souvenirs, les sensations, les goûts, les odeurs, une certaine naïveté sécurisante, bref, un méli mélo d’émotions engourdissantes et chaudes me remontent dans le coeur pour venir m’embrouiller les yeux. Mon âme voit très loin en arrière, les années y ont tracé les sillons, difficile de s’y perdre, je n’ai qu’à me laisser porter; tout est clair: les sourires, les sons, les yeux, les visages, la musique, la douleur, la beauté, les noms qui surgissent; Jacques, Nicole, Louise, Amulette, Robert, Kathleen, Olivier, un autre Jacques, un autre Robert, l’amour, la joie, les peines.

Et devant, c’est la page blanche, le vide, l’inconnu, sans trace aucune…Alors, donc, tout est possible?