Mes amours

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Mes amours,

il y a 34 ans que j’ai des enfants. Vous savez que vous faites de moi un homme à part entière, un père heureux et fier? Comme je suis heureux de vous avoir dans ma vie! Je remercie le ciel tous les jours de m’avoir prêté de si beaux et si merveilleux enfants; intelligence, compassion, ouverture, écoute, passion pour les autres et pour la vie, intéressants, généreux et vrais.

Vous me manquez, mais ça c’est normal et vous le savez, le parent est toujours en manque; mais savez-vous aussi que je ne vous observerai jamais assez, que je ne vous entendrai jamais assez, que je ne serai jamais assez en votre présence, que je ne vous aimerai jamais assez?

Bonne année mes trésors de la vie,

Papa

La table

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Toute une génération de metteurs en scène, d’auteurs contemporains et d’acteurs est en train de partir. Normal. La logique implacable de notre finitude. Mais c’est toujours difficile de les voir nous quitter. Sur mes films 8mm, autour de la table familiale que je possède maintenant chez moi, je peux voir une bonne partie de cette génération. Quelle troupe ça ferait aujourd’hui. Paule Bayard, la première Bobinette, Guy Lécuyer, Albert Millaire, Amulette Garneau, Hélène Loiselle, Jacques Zouvi… entre autres. Plus tard, je me souviens, autour de la même table; Olivier Guimond, Marcel Gamache, Denis Drouin et leurs familles. Et ensuite, mais eux sont toujours bien vivants: Michel Tremblay, André Brassard et leurs personnages. Les tests de maquillage pour ma mère en “Bec de
lièvre” pour le film “Il était une fois dans l’est”. Trois époques, trois facettes de notre milieu culturel, la même table, que j’ai le bonheur d’avoir dans ma cuisine. Ces grands artistes m’ont émerveillé, passionné, épaté, intrigué. Beaucoup plus tard, j’ai eu la chance en tant qu’acteur, de travailler avec plusieurs d’entre eux. Je ne le montrais pas toujours mais ce fût extrêmement touchant. Je me rappelle aussi de Jean-Pierre Ronfard et de Robert Gravel choisissant avec moi les sons et la musique du “roi boiteux”, tous les deux assis sur mon lit, dans ma chambre chez ma mère!
La table n’était pas loin…
Ces jours-ci, je travaille avec une Béatrice Picard en pleine forme.
J’ai aussi l’honneur et le bonheur de monter une adaptation formidable de Michel Tremblay.
 
Je suis encore très ému en travaillant sur ces deux projets.
Et je fais exprès; seul chez moi, je m’assois à la même table, pour y travailler, soixante ans plus tard.

Ah, nostalgie!

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Quand je me retourne pour regarder derrière moi, je m’attends à retrouver les choses au même endroit, les arbres, petits, les camarades avec la même voix, les enfants tout jeunes, les magasins encore ouverts avec la même raison sociale, les amis avec la même allure, ou au moins, toujours vivants, mon corps sans son vécu. La réalité est toute autre; le paysage a changé, les arbres sont immenses, certains mêmes, sont tombés, les « condos » remplacent les maisons, les femmes me sourient moins, les restaurants ont déménagé ou fermé, les gens ont vieilli, plusieurs nous ont quitté, malheureusement. Je tente sincèrement de regarder devant moi, loin en avant, sans essayer de retrouver le passé, le même passé, en évitant de faire renaître certains moments dissous qui m’ont jadis rendu heureux, mais en vain; les souvenirs, les sensations, les goûts, les odeurs, une certaine naïveté sécurisante, bref, un méli mélo d’émotions engourdissantes et chaudes me remontent dans le coeur pour venir m’embrouiller les yeux. Mon âme voit très loin en arrière, les années y ont tracé les sillons, difficile de s’y perdre, je n’ai qu’à me laisser porter; tout est clair: les sourires, les sons, les yeux, les visages, la musique, la douleur, la beauté, les noms qui surgissent; Jacques, Nicole, Louise, Amulette, Robert, Kathleen, Olivier, un autre Jacques, un autre Robert, l’amour, la joie, les peines.

Et devant, c’est la page blanche, le vide, l’inconnu, sans trace aucune…Alors, donc, tout est possible?

As-tu essayé?

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As-tu déjà essayé l’amour? As-tu déjà essayé l’écoute, le partage, la compassion, l’émotion sincère devant le beau, le vrai, la force, la nature, les animaux, les amis, les enfants, les compagnons, les collègues, et même les concurrents? As-tu déjà essayé de considérer ton opinion simplement comme une opinion justement, et non comme la plus grande vérité du monde entier? As-tu déjà essayé de ne pas essayer de comprendre à tout prix? Essaie juste de te laisser toucher sans réfléchir, sans analyser. Laisse-toi émouvoir par des saveurs, des odeurs, de la beauté, du silence, de la décoration, de la musique, des mots, de la peinture, de la sculpture, de l’architecture, du théâtre, du cinéma, de l’opéra. Regarde ton chien; il t’apprend le moment, l’instant, le maintenant. As-tu déjà essayé de ne pas avoir raison? Toujours toujours toujours? Essaie, tu vas voir, ça fait grandir, ça augmente ton champ de vision, ça t’empêche de rester petit dans ta tête. Ça te permet de ressentir véritablement ton appartenance à un tout. Au tout. Et ce tout, tu vas voir, tu ne lui voudras que du bien, que du beau, que du bon. Pour toujours. Oui, bien sûr, il y aura des moments de détresse, de tristesse, de solitude, de douleur…mais je t’en prie, n’arrête pas d’aimer, c’est essentiel, c’est l’essentiel. Elle est là la vie. Et elle passe vite. C’est pour ça que je t’aime, tu sais. Sincèrement. Allez, je t’embrasse.

Déjà 60? Chanceux!

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Vite, le temps s’accélère, les minutes s’écoulent, c’est exponentiel; plus on vieillit, plus ça va vite. Je me retourne et je regarde derrière; c’était hier…Tiens, Fanfreluche à la télé, Kim dans la vie, amie de papa, à qui je pouvais parler pour vrai! Jean-Pierre Ronfard qui m’a fait découvrir à nouveau le plaisir du jeu que j’avais égaré après quelques mois d’école de théâtre…le jeu, comme celui tout petit, le jeu; les jeux; comme Robert Gravel, l’essence même du jeu, l’humour incarné, parfois dans le drame, mais toujours l’art vivant, le jeu fou, l’improvisation structurée, émotive et l’homme exigeant pour lui-même… et surtout l’amitié; les discussions de loges pendant « Les trois soeurs » avec lui, chez Duceppe… Colombe, ma maman Amulette, qui jouait dans Cré Basile » avec Olivier Guimond, Denis Drouin, et Béatrice! Comme je les aimais et comme j’étais fier de faire partie, même petit, de leur clan! Jacques, mon papa à moi dans la vie et Domino à la télé, avec Cloclo…oui, Cloclo et son oiseau dans l’émission: « Domino ». Cloclo qui se « fout du monde entier », quand les samedis matins, tout petit Frédéric que je suis, Frédéric que je m’appelais tout petit, assis sur ses genoux, oui, sur les genoux de Claude Léveillée pendant qu’il joue du piano. Chanceux tu dis? En plus, j’ai 6 ans et je suis secrètement amoureux de sa douce, Louise…Ah souvenirs! Piccolo à la télé, Paul dans la vie, Buissonneau dans le travail, avec papa au parc Belmont par un beau samedi d’été…Tous ces artistes, tout cet art, toute cette expression, tous ces besoins de dire pour aimer et faire changer, amuser, plaire, faire rire, pleurer, évoluer, créer…Les amis de la ruelle, Stéfan, mon ami d’enfance, le comité des jeunes de Côte-des-neiges avec Vincent Graton, le rassembleur, mon ami sportif et drôle qui avait le bonheur contagieux et l’amour chanceux…mes camarades de classe à l’école nationale de théâtre, que j’adorais, que j’adore toujours mais qui se sont éloignés…Toutes ces équipes, ces troupes, ces pièces, ces amours, ces adieux, ces retrouvailles…vite…vite, avant que ça s’efface… écrivons, ça passe vite, jouissons de chaque seconde; respirons, goûtons, écoutons, parlons, échangeons, mais en tendresse s’il vous plaît, en beauté et en amour…Chanceux tu dis?

Pan pan, t’es mort!

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Tant que les américains considèreront l’argent comme un dieu, ils ne prendront pas les décisions sensées face aux armes à feu. Je n’exagère pas; un dieu. Ce n’est pas une figure de style; c’est en voyant la cérémonie quasi religieuse de réouverture de la bourse après les évènements tragiques du 11 septembre, que j’ai pu voir à quel point aux états-unis, l’argent n’est pas un outil, mais bien un véritable dieu. Prévenir les tueries en réduisant considérablement et logiquement la vente des armes à feu, empêcher que des armes d’assaut se retrouvent entre des mains civiles, pourrait sauver des vies, mais ce serait une insulte au dieu Wall Street et ne serait pas payant. Si les États-Unis continuent à ne pas admettre leur grave erreur, dans peu de temps, il y aura des bazookas et des tanks en vente libre pour qu’ils puissent s’auto-détruire de manière encore plus efficace. In NASDAQ we trust. La national rifle association finance les gouvernements qui devraient ensuite leur faire perdre des sommes astronomiques en réduisant leurs ventes? Bien sûr que non; pour avoir et conserver le pouvoir (et faire de l’argent), les gouvernements continuent à faire tout ce qu’elle veut. Toutes les excuses élaborées par la NRA et les présidents, financés par elle, sont évidemment pour faire détourner les yeux et pour bien garder les cerveaux des “croyants au dieu argent” ailleurs que sur les vrais responsables. Eux-mêmes. Mais non, la grande excuse reste: “Ce sont des malades mentaux”. Comme si il n’y en avait pas dans les autres pays des malades mentaux! Pourtant, il n’y a jamais autant de morts causés par les armes à feu que chez eux. Ouvrez les yeux: si les malades mentaux/tueurs américains avaient une fourchette comme arme de poing, il feraient beaucoup moins de dommage. C’est logique… mais pas payant.

Temps

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Prendre le temps de dire. Prendre le temps d’écrire. Prendre du temps. Prendre. Le temps. Celui qui fuit, celui qui passe de plus en plus vite, l’utiliser celui-là, ce concept essentiel, pour dire, pour écrire… toute l’admiration que j’ai pour toi, tout le bien que je te veux, tout le bonheur que je te souhaite, tout le réconfort que tu me donnes, toute l’amitié que j’ai pour toi, tout l’amour que je te donne.