Réflexion

Mes amours

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Mes amours,

il y a 34 ans que j’ai des enfants. Vous savez que vous faites de moi un homme à part entière, un père heureux et fier? Comme je suis heureux de vous avoir dans ma vie! Je remercie le ciel tous les jours de m’avoir prêté de si beaux et si merveilleux enfants; intelligence, compassion, ouverture, écoute, passion pour les autres et pour la vie, intéressants, généreux et vrais.

Vous me manquez, mais ça c’est normal et vous le savez, le parent est toujours en manque; mais savez-vous aussi que je ne vous observerai jamais assez, que je ne vous entendrai jamais assez, que je ne serai jamais assez en votre présence, que je ne vous aimerai jamais assez?

Bonne année mes trésors de la vie,

Papa

Ah, nostalgie!

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Quand je me retourne pour regarder derrière moi, je m’attends à retrouver les choses au même endroit, les arbres, petits, les camarades avec la même voix, les enfants tout jeunes, les magasins encore ouverts avec la même raison sociale, les amis avec la même allure, ou au moins, toujours vivants, mon corps sans son vécu. La réalité est toute autre; le paysage a changé, les arbres sont immenses, certains mêmes, sont tombés, les « condos » remplacent les maisons, les femmes me sourient moins, les restaurants ont déménagé ou fermé, les gens ont vieilli, plusieurs nous ont quitté, malheureusement. Je tente sincèrement de regarder devant moi, loin en avant, sans essayer de retrouver le passé, le même passé, en évitant de faire renaître certains moments dissous qui m’ont jadis rendu heureux, mais en vain; les souvenirs, les sensations, les goûts, les odeurs, une certaine naïveté sécurisante, bref, un méli mélo d’émotions engourdissantes et chaudes me remontent dans le coeur pour venir m’embrouiller les yeux. Mon âme voit très loin en arrière, les années y ont tracé les sillons, difficile de s’y perdre, je n’ai qu’à me laisser porter; tout est clair: les sourires, les sons, les yeux, les visages, la musique, la douleur, la beauté, les noms qui surgissent; Jacques, Nicole, Louise, Amulette, Robert, Kathleen, Olivier, un autre Jacques, un autre Robert, l’amour, la joie, les peines.

Et devant, c’est la page blanche, le vide, l’inconnu, sans trace aucune…Alors, donc, tout est possible?

As-tu essayé?

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As-tu déjà essayé l’amour? As-tu déjà essayé l’écoute, le partage, la compassion, l’émotion sincère devant le beau, le vrai, la force, la nature, les animaux, les amis, les enfants, les compagnons, les collègues, et même les concurrents? As-tu déjà essayé de considérer ton opinion simplement comme une opinion justement, et non comme la plus grande vérité du monde entier? As-tu déjà essayé de ne pas essayer de comprendre à tout prix? Essaie juste de te laisser toucher sans réfléchir, sans analyser. Laisse-toi émouvoir par des saveurs, des odeurs, de la beauté, du silence, de la décoration, de la musique, des mots, de la peinture, de la sculpture, de l’architecture, du théâtre, du cinéma, de l’opéra. Regarde ton chien; il t’apprend le moment, l’instant, le maintenant. As-tu déjà essayé de ne pas avoir raison? Toujours toujours toujours? Essaie, tu vas voir, ça fait grandir, ça augmente ton champ de vision, ça t’empêche de rester petit dans ta tête. Ça te permet de ressentir véritablement ton appartenance à un tout. Au tout. Et ce tout, tu vas voir, tu ne lui voudras que du bien, que du beau, que du bon. Pour toujours. Oui, bien sûr, il y aura des moments de détresse, de tristesse, de solitude, de douleur…mais je t’en prie, n’arrête pas d’aimer, c’est essentiel, c’est l’essentiel. Elle est là la vie. Et elle passe vite. C’est pour ça que je t’aime, tu sais. Sincèrement. Allez, je t’embrasse.

Pan pan, t’es mort!

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Tant que les américains considèreront l’argent comme un dieu, ils ne prendront pas les décisions sensées face aux armes à feu. Je n’exagère pas; un dieu. Ce n’est pas une figure de style; c’est en voyant la cérémonie quasi religieuse de réouverture de la bourse après les évènements tragiques du 11 septembre, que j’ai pu voir à quel point aux états-unis, l’argent n’est pas un outil, mais bien un véritable dieu. Prévenir les tueries en réduisant considérablement et logiquement la vente des armes à feu, empêcher que des armes d’assaut se retrouvent entre des mains civiles, pourrait sauver des vies, mais ce serait une insulte au dieu Wall Street et ne serait pas payant. Si les États-Unis continuent à ne pas admettre leur grave erreur, dans peu de temps, il y aura des bazookas et des tanks en vente libre pour qu’ils puissent s’auto-détruire de manière encore plus efficace. In NASDAQ we trust. La national rifle association finance les gouvernements qui devraient ensuite leur faire perdre des sommes astronomiques en réduisant leurs ventes? Bien sûr que non; pour avoir et conserver le pouvoir (et faire de l’argent), les gouvernements continuent à faire tout ce qu’elle veut. Toutes les excuses élaborées par la NRA et les présidents, financés par elle, sont évidemment pour faire détourner les yeux et pour bien garder les cerveaux des “croyants au dieu argent” ailleurs que sur les vrais responsables. Eux-mêmes. Mais non, la grande excuse reste: “Ce sont des malades mentaux”. Comme si il n’y en avait pas dans les autres pays des malades mentaux! Pourtant, il n’y a jamais autant de morts causés par les armes à feu que chez eux. Ouvrez les yeux: si les malades mentaux/tueurs américains avaient une fourchette comme arme de poing, il feraient beaucoup moins de dommage. C’est logique… mais pas payant.

Temps

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Prendre le temps de dire. Prendre le temps d’écrire. Prendre du temps. Prendre. Le temps. Celui qui fuit, celui qui passe de plus en plus vite, l’utiliser celui-là, ce concept essentiel, pour dire, pour écrire… toute l’admiration que j’ai pour toi, tout le bien que je te veux, tout le bonheur que je te souhaite, tout le réconfort que tu me donnes, toute l’amitié que j’ai pour toi, tout l’amour que je te donne.

Rewind

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Quelquefois j’ai envie de reculer dans le temps. Pas toujours, non, j’adore le futur, il est plein de projets, de désirs et de rêves. Mais, le respect, la politesse, le temps pour faire les choses, la discipline, l’écoute, l’entraide, la générosité, la civilité, la compassion, ma minceur, maman, papa, beaucoup d’ami.es, les années, plusieurs valeurs comme entre autres, la reconnaissance, le regard des femmes, la gratitude, la franchise, le bon goût, la quête de l’excellence, se sont disons…éloignées. Oui, bien sûr, certains items énoncés plus haut sont toujours là; cachés, moins apparents, mais toujours présents, heureusement, comme papa et maman. 😇

Fête des pères 2019

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J’avais trente ans, nous étions de plus en plus proches. Puis, un bête accident de voiture. Tu avais cinquante sept ans. J’en ai maintenant soixante et tu n’as jamais été si près; je te tiens par la main et je t’emmène visiter la vie de cinquante sept à soixante ans; comme ça, tu n’auras rien manqué. Comme tu le faisais avec moi quand j’étais petit, je te fais découvrir ce qui est, ce qu’il y a de beau, ce qui fait que la vie est la vie, ce qui est amour. Je t’aime papa.