Bixi la petite vache. 

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Hier, après une belle soirée à Montréal, vers 23:00, je décidai de rentrer chez moi à Marieville. Mauvaise idée. En ce 29 Mai 2015, autour de 23:00, les gens vivant à l’extérieur n’eurent plus le droit de sortir de la ville. Vous fûtes prisonnier. Oui. Même que les gens vivant à Montréal, les résidents eux-mêmes, n’eurent plus le droit de rentrer chez eux, ni de se déplacer en automobile. Tous ces gens qui eurent la brillante idée de se déplacer en automobile en ce 29 Mai à 23:00 à Montréal furent traités en parias, en méchants producteurs de gaz polluant, en « ceux qui ne sont pas gentils », car l’espace viable, je parle du petit peu laissé par les entrepreneurs, entre les cônes, les bornes et les trous immenses, cet espace donc, fût envahi par « ceux qui sont gentils ». Et eux, « ceux qui sont gentils », faisaient de la publicité. Oui, celle du lait. Avec une petite vache. Partout sur chaque chandail de « ceux qui sont gentils ». Et il y avait des bixis. Plein de bixis. Des jeunes, des vieux, des grands, des tout petits, des « sans expérience du vélo », des familles distraites et désorganisées dans la rue, des « endormis en bixi » ou autres vélos, partout partout partout, et tous, avec une petite vache, une publicité de lait sur leurs chandails. Ils surgirent de partout! Mais je ne les écrasai point, heureusement, « ceux qui sont gentils »car je ne roulai vraiment pas vite du tout, moi méchant automobiliste, je fis du « sur place très sécuritaire ». Alors à cause de « ceux qui sont gentils », qui aiment le lait de vache et en font même la pub, et à cause de la construction à Montréal à 23:00 en ce 29 Mai 2015, moi, « méchant automobiliste pas fin pollueur encombrant », à cause de tout ça, ça m’a pris deux heures trente pour sortir de la ville.

Malgré tout, j’aime Montréal, même si elle a beaucoup changé. J’ai connu une certaine époque ou l’on pouvait poursuivre la ville de Montréal dans l’éventualité d’un dommage causé par la route à notre véhicule automobile. Ça n’existe plus, évidemment. La ville ferait faillite. Donc, si le but n’est pas de servir la population du mieux possible avec l’argent de ses propres taxes, quel est-il? Inutile de répondre; j’ai peur des réponses. Cela dit, je reste sûr que M. Coderre fera tout en son pouvoir pour remettre la ville au premier rang des villes ou il fait bon vivre, pour les touristes et surtout pour ses propres habitants.

Oui, malgré tout ce que nous avons vécu, j’ai confiance en l’être humain.

Audition 2015

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Il y avait longtemps que j’avais passé une audition pour un rôle à la télévision. Pas parce que je me croyais différent ou meilleur que les autres acteurs, non, surtout pas, mais simplement parce que je travaillais beaucoup et que j’étais présent à l’écran, donc, pour me voir, il ne fallait qu’allumer la télé. Récemment, je suis donc allé passé une audition, pensant qu’on voulait me voir avec une actrice de la série, pour vérifier la chimie entre nous deux, comme on dit dans le métier. Eh bien non, une charmante personne allait me donner la réplique, mais ce ne serait pas celle qui jouerait pas dans la série. Donc, la chimie, on repassera. J’imagine qu’on voulait me voir parce qu’il est possible qu’en cinq ans, depuis la fin de « Destinées » à TVA, j’ai pris 40 livres ou cent ans, ou les deux. Peut-etre aussi que depuis deux ans, depuis la fin de « Série noire », j’ai oublié comment faire pour jouer un homme derrière un bureau qui se lève et qui « cruise » une jeune femme de manière évidente. Ça se peut. Je ne sais pas. Bref, je ne me souvenais plus de l’ambiance qui règne lors d’une audition. C’est celle d’une salle d’attente de médecin, avec le stress en plus. Donc, de bonne foi, je me suis prêté au jeu, espérant être dirigé de manière adéquate et surtout qu’on me dise de façon claire et précise ce que l’on attends de moi. Non plus, pas du tout. C’était comme si on avait déjà trouvé l’acteur pour le rôle et que j’étais là juste pour la forme; « Pourrais-tu t’assoir s’il te plait. Pourrais-tu te lever. Oui. À ce moment-là, tu peux la regarder. »  Ok…bon. J’ai donc été pourri car j’étais très nerveux et j’avais l’impression de ne pas savoir ce que je faisais car on ne savait pas du tout quoi me demander. Je n’ai pas eu le rôle. Et c’est normal. Loin de moi l’idée de mettre la faute sur quiconque; j’étais pourri, j’étais pourri, c’est tout; j’avais oublié à quel point je ne suis pas bon en audition. Mais ce que j’ai de la difficulté à accepter, c’est qu’après 35 ans de métier, quand je me prête au jeu de l’audition, gratuitement comme toujours, on ne daigne même pas m’appeler pour me donner une réponse. Mon agent dû courir après le résultat et la réponse a été: « Ah, on appelle jamais quand c’est négatif ». Alors là, ça j’avoue, comme manque de respect, c’est vraiment en première place dans mon palmarès.

Série noire

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Ce fût un réel et sincère plaisir pour moi de travailler avec de véritables artistes. Le tournage de « Série noire » saison deux a été très exigeant, mais il s’est toujours fait dans le respect et le très grand professionnalisme. Ceci est dû à la qualité des gens qui travaillent sur ce projet passionnant. Merci donc à toute l’équipe que j’ai eu la joie de côtoyer: acteurs, actrices, directeur photo, assistants, script, coiffeuses, maquilleuses, l’équipe des costumes, celle du son, des accessoires, des décors, des locations, toute l’équipe technique qui a fait en sorte que nous ne manquions jamais de rien, ce qui est formidable, et également un grand merci à toute l’équipe de production qui fait que nous puissions travailler dans l’harmonie et la concentration. Merci à François Létourneau et à Jean-François Rivard pour les mots et le personnage du diffuseur qui, même sans nom, était prêt à vivre. Cher Jean-François, cher ami, je suis tellement privilégié de faire partie de tes projets ; merci pour ta direction d’acteur toujours juste, patiente, précise, respectueuse et tellement efficace. Bravo et merci à tous! X

Je te sais

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Lumière

Brunante

Absence triste?

Présence douce…

Absence douce

car je te sais.

Quand je te sais

tout va bien;

ma main qui grisonne sur ta peau si douce

tu sens bon, mon amour

tu es belle

même de loin

ton sourire me caresse

même de loin

même si loin, tu es là,

car je te sais et tout va mieux

je te sais et tout va bien.

Tu me combles

de tes sourires

de ta voix

de ton rire

je le sens, il est pour moi

ton amour je le sais

à côté, tout doux

car je te sais et c’est si bon.

Mai 2015

Alain Zouvi

Artiste

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Non, quand on joue un homosexuel au théâtre ou à la télé, on est pas nécessairement obligé d’être homosexuel. C’est la même chose pour les hétérosexuels, les tueurs en séries, les philosophes, les vétérinaires ou même les vendeurs d’assurances. Non, ce n’est pas uniquement «apprendre tout ce texte-là» qui est le plus difficile dans la préparation d’un acteur; il faut aussi trouver et assimiler les nuances d’interprétation, prendre le temps d’intérioriser son personnage pour le rendre avec vérité, intégrer ses déplacements sur scène ou pour les caméras, utiliser sa respiration et sa technique vocale sans y penser, car on y laisserait sa concentration. C’est aussi tout faire pour être entendu jusqu’à la dernière rangée du théâtre, sans micro, et aussi sans que l’effort se voie. C’est faire preuve d’une grande patience, car on peut souvent prendre 4 heures pour tourner une seule scène, souvent d’apparence anodine, parfois de nuit, quelquefois à -30 degrés celsius, dans une télésérie. Oui, mes amis, c’est un métier difficile et exigeant que celui d’acteur. Bien sûr, jouer, c’est aussi une passion et un grand plaisir, mais ce n’est pas uniquement, comme beaucoup le pensent, se faire reconnaître dans la rue, faire la une des journaux, être aimé et adulé; être artiste est aussi un travail, un métier. Un métier duquel je vis. Et ce n’est pas parce que je suis un artiste payé pour faire mon métier que je suis moins un artiste.
Je suis un artiste et j’en suis fier.

Seulement si tu veux maman.

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Famille booth 1962

Chambre d’hôpital, autour de 23:00 le 7 novembre 2008

Ma maman Amulette, mon parrain, ma femme, mon fils et sa conjointe, ma cousine, sont présents.

La respiration d’Amulette est longue et profonde; elle est apparemment inconsciente.

Je lui parle:

« Tu sais maman, tu peux arrêter de respirer si tu veux. Oui…Doucement…Tout doucement…Tu n’es pas obligée évidemment, mais si tu veux, seulement si tu veux, tu peux arrêter de respirer…Je ne serai pas fâché ni déçu, tu sais; tu es fatiguée et tu as « mal à l’âme » comme tu me l’as dit, alors tu peux t’en aller…Mais seulement si tu en as envie bien sûr; personne ici ne t’oblige à rien…à rien. Oh maman, je vais devoir faire un deuil, le deuil de toi c’est sûr, mais je sais très bien, et je comprends tout à fait que toi, tu en as plusieurs des deuils à faire, et que c’est difficile de te laisser aller à t’arracher à cette vie que tu as tant aimée, malgré tout. C’est juré maman, personne ne t’en voudra, personne…personne…tu peux partir…mais seulement si tu veux, seulement si tu veux… »

(Le rythme de sa respiration change, elle reste de plus en plus longtemps au bout de son inspiration, l’expiration devient de moins en moins nécessaire)

« Doucement… tout doucement…oui, tu peux arrêter…oui… »

(La respiration arrête; tous se concentrent, émus et fébriles sur son cou où l’on voit très nettement les battements de son coeur)

« Nous sommes tous avec toi maman…Maintenant, tu peux arrêter ton coeur si tu veux maman, mais seulement si tu veux bien sûr… »( les battements s’espacent de plus en plus)

« On est là, on est tous là, je suis là maman…tu peux arrêter ton coeur si tu veux…Oui…tout doucement…………..Oui…………….C’est ça……………Tout doucement…………………………………………………………………………………….. »

(Le coeur s’arrête de battre)

Ce moment, si difficile, si triste et si mystérieux, est aussi pour moi le moment le plus tendre et le plus doux que j’ai vécu.

Politique

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Je ne me prononce plus politiquement car je suis fatigué du système politique lui-même. Aussi, avec mes opinions, je ne veux plus être l’ennemi des uns pour gagner le copinage des autres, ou l’inverse, vous voyez ce que je veux dire. Par contre, j’ai de la reconnaissance et parfois même de l’admiration pour le courage de tous ces hommes et ces femmes qui plongent dans ce métier avec l’intention de changer les choses, ce que je ne pourrais jamais faire. Cela dit, ce matin, comme beaucoup de matins d’ailleurs, la période de question à la télévision va certainement retarder le moment ou je vais pouvoir penser croire à nouveau, ou même en partie, à un système politique utile, auquel je pourrais adhérer. Soyons clairs, je n’abandonnerai jamais mon droit de vote, que je considère essentiel dans un système démocratique, mais je l’exercerai malheureusement encore, comme beaucoup d’entre nous, pour voter pour « le moins pire ». C’est triste et ça ne devrait pas se passer comme ça. J’ai besoin de sentir que les gens en place travaillent véritablement avec la conviction d’aider la société, de la faire évoluer, et de faire en sorte que le peuple s’épanouisse. Nos élus, et ce, de toutes les allégeances, ne réussissent même plus à faire semblant d’être sincères. Il faut faire quelque chose et c’est urgent. Néanmoins, je ne sais pas comment et par où nous pourrions commencer. Chose sûre, quand je regarde cette « période de questions » ou nous assistons trop souvent à des chicanes de « bébé lala », exprimées dans un vocabulaire enfantin, pleines d’ironie et de sarcasme, qui n’apportent absolument rien à la société, je suis dégouté de la politique actuelle.