Je te sais

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Lumière

Brunante

Absence triste?

Présence douce…

Absence douce

car je te sais.

Quand je te sais

tout va bien;

ma main qui grisonne sur ta peau si douce

tu sens bon, mon amour

tu es belle

même de loin

ton sourire me caresse

même de loin

même si loin, tu es là,

car je te sais et tout va mieux

je te sais et tout va bien.

Tu me combles

de tes sourires

de ta voix

de ton rire

je le sens, il est pour moi

ton amour je le sais

à côté, tout doux

car je te sais et c’est si bon.

Mai 2015

Alain Zouvi

Artiste

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Non, quand on joue un homosexuel au théâtre ou à la télé, on est pas nécessairement obligé d’être homosexuel. C’est la même chose pour les hétérosexuels, les tueurs en séries, les philosophes, les vétérinaires ou même les vendeurs d’assurances. Non, ce n’est pas uniquement «apprendre tout ce texte-là» qui est le plus difficile dans la préparation d’un acteur; il faut aussi trouver et assimiler les nuances d’interprétation, prendre le temps d’intérioriser son personnage pour le rendre avec vérité, intégrer ses déplacements sur scène ou pour les caméras, utiliser sa respiration et sa technique vocale sans y penser, car on y laisserait sa concentration. C’est aussi tout faire pour être entendu jusqu’à la dernière rangée du théâtre, sans micro, et aussi sans que l’effort se voie. C’est faire preuve d’une grande patience, car on peut souvent prendre 4 heures pour tourner une seule scène, souvent d’apparence anodine, parfois de nuit, quelquefois à -30 degrés celsius, dans une télésérie. Oui, mes amis, c’est un métier difficile et exigeant que celui d’acteur. Bien sûr, jouer, c’est aussi une passion et un grand plaisir, mais ce n’est pas uniquement, comme beaucoup le pensent, se faire reconnaître dans la rue, faire la une des journaux, être aimé et adulé; être artiste est aussi un travail, un métier. Un métier duquel je vis. Et ce n’est pas parce que je suis un artiste payé pour faire mon métier que je suis moins un artiste.
Je suis un artiste et j’en suis fier.

Seulement si tu veux maman.

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Famille booth 1962

Chambre d’hôpital, autour de 23:00 le 7 novembre 2008

Ma maman Amulette, mon parrain, ma femme, mon fils et sa conjointe, ma cousine, sont présents.

La respiration d’Amulette est longue et profonde; elle est apparemment inconsciente.

Je lui parle:

« Tu sais maman, tu peux arrêter de respirer si tu veux. Oui…Doucement…Tout doucement…Tu n’es pas obligée évidemment, mais si tu veux, seulement si tu veux, tu peux arrêter de respirer…Je ne serai pas fâché ni déçu, tu sais; tu es fatiguée et tu as « mal à l’âme » comme tu me l’as dit, alors tu peux t’en aller…Mais seulement si tu en as envie bien sûr; personne ici ne t’oblige à rien…à rien. Oh maman, je vais devoir faire un deuil, le deuil de toi c’est sûr, mais je sais très bien, et je comprends tout à fait que toi, tu en as plusieurs des deuils à faire, et que c’est difficile de te laisser aller à t’arracher à cette vie que tu as tant aimée, malgré tout. C’est juré maman, personne ne t’en voudra, personne…personne…tu peux partir…mais seulement si tu veux, seulement si tu veux… »

(Le rythme de sa respiration change, elle reste de plus en plus longtemps au bout de son inspiration, l’expiration devient de moins en moins nécessaire)

« Doucement… tout doucement…oui, tu peux arrêter…oui… »

(La respiration arrête; tous se concentrent, émus et fébriles sur son cou où l’on voit très nettement les battements de son coeur)

« Nous sommes tous avec toi maman…Maintenant, tu peux arrêter ton coeur si tu veux maman, mais seulement si tu veux bien sûr… »( les battements s’espacent de plus en plus)

« On est là, on est tous là, je suis là maman…tu peux arrêter ton coeur si tu veux…Oui…tout doucement…………..Oui…………….C’est ça……………Tout doucement…………………………………………………………………………………….. »

(Le coeur s’arrête de battre)

Ce moment, si difficile, si triste et si mystérieux, est aussi pour moi le moment le plus tendre et le plus doux que j’ai vécu.

Politique

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Je ne me prononce plus politiquement car je suis fatigué du système politique lui-même. Aussi, avec mes opinions, je ne veux plus être l’ennemi des uns pour gagner le copinage des autres, ou l’inverse, vous voyez ce que je veux dire. Par contre, j’ai de la reconnaissance et parfois même de l’admiration pour le courage de tous ces hommes et ces femmes qui plongent dans ce métier avec l’intention de changer les choses, ce que je ne pourrais jamais faire. Cela dit, ce matin, comme beaucoup de matins d’ailleurs, la période de question à la télévision va certainement retarder le moment ou je vais pouvoir penser croire à nouveau, ou même en partie, à un système politique utile, auquel je pourrais adhérer. Soyons clairs, je n’abandonnerai jamais mon droit de vote, que je considère essentiel dans un système démocratique, mais je l’exercerai malheureusement encore, comme beaucoup d’entre nous, pour voter pour « le moins pire ». C’est triste et ça ne devrait pas se passer comme ça. J’ai besoin de sentir que les gens en place travaillent véritablement avec la conviction d’aider la société, de la faire évoluer, et de faire en sorte que le peuple s’épanouisse. Nos élus, et ce, de toutes les allégeances, ne réussissent même plus à faire semblant d’être sincères. Il faut faire quelque chose et c’est urgent. Néanmoins, je ne sais pas comment et par où nous pourrions commencer. Chose sûre, quand je regarde cette « période de questions » ou nous assistons trop souvent à des chicanes de « bébé lala », exprimées dans un vocabulaire enfantin, pleines d’ironie et de sarcasme, qui n’apportent absolument rien à la société, je suis dégouté de la politique actuelle.

Le départ de Jacques

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Papa et moi 1963

57 ans. J’aurai cet âge en 2016. Le 12 Avril 2016 en fait. Mon papa avait cet âge-là quand il n’est jamais revenu d’un rendez-vous galant. D’ailleurs, il ne s’est même jamais rendu chez cette belle amoureuse qui l’ attendait à Longueuil, le 7 Janvier 1989. Sans pneus d’hiver, sans ceinture de sécurité, au volant de sa « Isuzu » turbo que je lui avais recommandée car j’en avais une et je l’adorais, il a perdu le contrôle et a continué sa course tout droit, au lieu de tourner dans la courbe, à la sortie du pont Jacques-Cartier, se dirigeant vers la route 132. A-t-il manqué la sortie « Longueuil » et a-t-il voulu, paniqué et trop tard, faire demi-tour? De toute façon, le Chrysler New-Yorker énorme, vieux, même pour cette époque, ne s’est même pas posé la question; il voulait lui, arriver vite à destination et n’a malheureusement pas vu cette petite voiture au comportement bizarre, lui barrer le chemin sur la voie rapide. Le choc fût violent. La collision se produisit du coté passager avant de la voiture de mon père. Sous l’impact, la « Isuzu » se plia en forme de « v ». La poitrine de papa se fracassa contre le volant de sa voiture, ce qui lui rompît l’aorte. Il survécût quelques minutes seulement, inconscient, à cette blessure fatale.

À 17:30, en ce samedi d’hiver ou il neigeotait, tout était immobile. Même les flocons de neige sur la photographie de la première page du « Dimanche-Matin ». Je restai en face de cette image, béât, hypnotisé, paralysé, ne croyant pas ce qui venait de se produire. Penché, à genoux, à l’intérieur du tas de ferraille, un ambulancier essayait d’agripper une forme grise au volant de ce qui restait d’une voiture. On ne distinguait pas les visages, mais mon cerveau et mon coeur ne pouvaient s’empêcher d’imaginer les traits du héros de mon enfance, tête baissée, yeux ouverts, recroquevillé sur lui-même, mais sourire aux lèvres, comme si le temps s’était arrêté au moment ou il écoutait la voix d’Yves Montand et qu’il chantait avec lui.

Papa et moi 1985

Racines

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Lucienne et papa 1940

Mon père, Jacques, et Lucienne, sa soeur, vers 1944

En 1945, mon père Français, et aussi Juif, alors âgé de 14 ans, faisait tout pour retrouver sa soeur, 10 ans, habitant quelque part en France. Ils avaient été tous les deux placés dans un orphelinat, séparés, à des kilomètres de distance, après l’enlèvement de leurs parents. Mes grands-parents donc, sont morts dans les wagons les menant aux camps de concentration. Après leurs retrouvailles, mon père et ma tante ont fait des démarches pour se faire adopter tous les deux au Canada et donc, avoir leur citoyenneté Canadienne, ce qui fût fait. Ils ont été adoptés par la famille « Laxer », ici à Montréal, dans le quartier « Snowdon ». Je suis extrêmement touché et ému ces jours-ci car j’entreprends les mêmes démarches, mais à l’inverse. Je suis régulièrement en communication avec la France dans le but d’obtenir ma citoyenneté Française. Je serai donc Français, en plus d’être Canadien, sûrement pour mon 57 ième anniversaire de naissance l’année prochaine. Papa nous a quitté en 1989, à 57 ans, à cause d’un bête accident d’automobile; inutile de dire que je pense à lui très fort en ce moment.

Question de choix

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C’est difficile de faire en sorte qu’on se sente le plus mal possible; il faut faire un gros effort pour se concentrer de toutes nos forces sur tout ce qui va mal près de nous, ou plus loin, dans le monde. Poser toutes nos pensées sur la lumière, et il y en a beaucoup, déployer toute notre énergie pour voir, entendre et ressentir ce qui est beau, est une source d’épanouissement, de joie, de plaisir, et de bonheur. Choisir de bien nourrir son cerveau, tout comme son estomac d’ailleurs, est enrichissant et souhaitable.

Regardons ce qui est beau, respirons ce qui est pur, écoutons ce qui est édifiant et intelligent, ça ne peut que nous faire du bien. C’est une question de choix.

Aider

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Un jour, les adultes, les plus vieux, tu sais…ceux qui te guident, qui t’éduquent, qui te conseillent, eh bien, ces gens-là disparaissent. C’est normal. Ce jour-là, tu réalises que tu es tout seul. Seul mais essentiel, car c’est toi maintenant l’adulte qui aide, qui guide, qui conseille. Alors, tu te souviens de l’amour que tu avais pour ceux qui sont disparus et tu réalises avec certitude que tu es aimé.

Joël

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J’ai de la peine de voir l’acharnement avec lequel certaines personnes essaient de toutes leurs forces de démolir un homme. Par jalousie, par homophobie, par envie, par frustration et insatisfaction de leur propre vie, des gens souvent sensés, tout comme de véritables imbéciles, se croyant eux vertueux, frappent de toutes leurs forces et sans relâche sur un homme, pour le détruire et du même coup, se soulager. Ils tapent avec haine, sans arrêt, ils se défoulent, en évacuant leur propre culpabilité.