Diriger

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Oui, je pleure quand je dirige. Je ris aussi. Fort. Je vis, en fait. Je suis à fleur de peau. Pour guider une interprétation, un moment de jeu, je me dois d’être émotivementt impliqué; pour le bien de l’acteur ou de l’actrice, pour la vérité des personnages, pour l’authenticité, l’efficacité de la pièce et finalement, pour le public. Je ressens donc ce que le personnage et l’acteur ressentent, je vis ce que je désire que le public vive…et en l’éprouvant moi-même, je peux approfondir, ajuster, accorder et régler la généreuse création que les interprètes me livrent.

Je ne vois pas comment je pourrais faire le travail de metteur en scène uniquement avec ma tête. Je dirige avec mon coeur. Alors oui, j’ai pleuré souvent et je pleure encore en regardant les magnifiques acteurs du « jeu de l’amour et du hasard au TNM ». Ils se moquent de moi, mais ça ne fait rien, c’est de l’amour, et ça me fait pleurer encore plus, non pas de tristesse, mais de bonheur.

Au TNM jusqu’au 20 Mai 2017

L’amour de la vie

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Imaginez; vous lisez une pièce… ou même, vous l’avez vu jouer au théâtre il y a longtemps; ou même encore, quand vous aviez dix ans, votre père y a joué un rôle. Imaginez qu’en plus, vous, vous avez joué le même rôle, 20 ans plus tard, quelque mois seulement après son décès… Imaginez l’émotion. Oui.

Restez avec moi; imaginez et ressentez avec moi l’émotion créée, alors que 28 ans plus tard, un théâtre que vous adorez, où vous avez eu le bonheur de jouer souvent, vous donne l’immense privilège de monter cette même pièce, qui maintenant fait partie de votre vie car elle parle de ce qui compte le plus pour vous. Et elle en parle avec génie, elle en parle merveilleusement. Elle parle d’amour. L’amour immense et l’amour, les amours, en particulier;  l’amour qui frappe et qui rend fou, l’amour qui nous rend ridicule et souvent drôle, celui qui nous fait perdre le contrôle de nos vies, l’amour qui ne se raisonne pas, qui nous rend parfois triste, quelquefois désespéré, mais toujours, toujours, qui nous bouleverse et nous confirme avec certitude la force et la puissance de la vie.

La vie.

Le désir de partager ces grandes émotions en 2017, pour moi, est essentiel.

Vous êtes toujours avec moi? Parfait.

Imaginez que vous partagiez ce désir, cette émotion sincère qui vous transporte, avec votre scénographe, votre assistante à la mise en scène, vos créateurs de costumes, de perruques, de maquillage, de musique et d’environnement sonore, de vidéos et d’éclairage; imaginez que vous ayez aussi la chance de partager cet amour avec toute l’équipe technique, avec la grande famille du théâtre du nouveau monde, avec vos camarades et amis acteurs, et que tous, je dis bien tous, sans exception, avec leurs idées, leurs expertises, leurs émotions, leur virtuosité et leur passion du théâtre, réalise votre rêve. Tous ces gens qui vibrent avec moi et qui réalisent mon rêve, notre rêve.

Imaginez l’émotion.

Hier soir, en répétition, j’ai vu sur la scène du TNM, exactement ce que j’avais imaginé.

C’est ce que je veux offrir au public du TNM: un grand souffle d’amour.

« Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux, au théâtre du nouveau monde, dès le 25 Avril 2017.

Inspiration

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Depuis quelques années nous perdons de grands acteurs, de grandes actrices, de grandes et belles personnes. Aujourd’hui, Paul Hébert. Il y a quelques jours; Janine Sutto, Yolande Roy, Benoit Girard. Depuis quelques années; Marc Favreau, Françoise Graton, Huguette Oligny, Luc Durand, Gaétan Labrèche, Amulette Garneau, André Montmorency, Paul Buissonneau, Jacques Zouvi…De grands interprètes, entre autres, de Marcel Dubé et de Michel Tremblay. Toutes ces belles inspirations, ces être humains extraordinaires qui m’ont donné envie de faire ce métier, et qui sont maintenant partis. Oui, c’est normal. C’est le cycle de la vie…

Mais en secret, je me plais à penser qu’ ils sont tous cachés quelque part dans la boite à surprise, et que Pierre Thériault, Monsieur surprise, va me les présenter à nouveau, un à un.

Oui! Piccolo, Sol, le chien échevin sourdine…Oui, je les vois tous venir à moi, tout sourire, avec ce désir de m’émerveiller, de m’apprendre, de me faire rire, et surtout, surtout…de me faire rêver.

Le moment présent

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Tu sais, pendant que tu t’ennuies de ce que tu vivais avant, n’oublies pas que dans le futur, tu vas sûrement t’ennuyer de ce que tu vis maintenant, dans le présent.

Triste

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Tu as mal? Tu n’en peux plus? Tu ne veux pas mourir, non, tu veux arrêter de souffrir. Écoute-moi…Tu le sais, je te l’ai déjà prouvé, avec le temps, les choses s’adoucissent, les animosités s’estompent, et l’amour prend le dessus. L’érosion n’agit pas que sur la pierre, mais aussi sur le ressentiment, la tristesse et la colère. La haine vit beaucoup moins longtemps que l’amour, elle est temporaire, son système immunitaire est déficient. De plus, même si tu as l’impression que tu ne t’en sortiras jamais, que tu en as par dessus la tête, souviens-toi… que chaque fois, je te prouve l’inverse. Alors ne t’inquiètes pas, profite de la vie, goûte chaque seconde et pense à grandir, à apprendre, à jouir de chaque instant. N’oublies pas, tu es là pour ça, tu es là pour aimer.

 La vie.

Janine

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Avec le décès de Janine, en pensant à cette magnifique actrice et à ses 75 ans de carrière, 75 ans! En visionnant tous ces témoignages et toutes ces entrevues, en pensant à elle, à ma mère et à mon père qui exerçaient le même métier, à tous ces mentors qui sont partis trop tôt , à tous ces camarades, ces amis auxquels je tiens plus que tout; amis acteurs et actrices, concepteurs, auteurs, producteurs, metteurs en scène et assistants, réalisateurs, en m’arrêtant doucement et en voyant tous ces visages rencontrés depuis que je fais ce métier que j’aime, en me remémorant tous ceux qui ont partagé tous ces magnifiques et parfois sublimes instants de création, je réalise à quel point nous faisons un métier extraordinaire. Merci Janine. Pour tout. X

Seul

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Si l’on exclut la peur du manque d’argent, la crainte de la maladie et parfois même de la mort, la solitude peut être très agréable.