L’I.A.
Un jour , il n’y a pas si longtemps, je faisais passer des auditions de chant lyrique pour une opérette que j’allais monter. Une jeune femme est arrivée, et a chanté “L’air des bijoux”. Vous vous souvenez de la Castafiore? Ce n’est pas un air triste ou même émouvant. Et de plus, j’avais entendu plusieurs auditions depuis le début de la journée et j’en avais vu et entendu de toutes sortes. Pourtant… j’ai éclaté en sanglots. Inexplicablement. C’était comme de la magie. Je me demandais ce qui m’arrivait. Qu’est-ce qui m’avait touché si profondément?(je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer). L’art. Ce tourbillon magique, ce lien, qui vient d’on ne sait où, qui passe à travers l’âme, et que les cordes vocales et le corps entier ont l’humilité, la confiance et l’habileté de laisser passer, de laisser s’exprimer. C’est aussi l’essentiel; l’émotion qui, quand elle est libre, dévoile tout de son instrument. Dans toute forme d’art, c’est l’émotion qui gagne. Toujours. C’est la même chose pour les comédiens et comédiennes, les danseurs et les danseuses, les musiciens et les musiciennes, bref, tous les artistes. L’IA ne fait qu’imiter tout ça avec des paramètres numériques. De plus en plus sophistiqués, oui, c’est impressionnant j’en conviens, mais ça reste une illusion, ça reste en surface, ça ne passe pas par l’âme.
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