Mois: novembre 2024

L’I.A.

Publié le Mis à jour le


Un jour , il n’y a pas si longtemps, je faisais passer des auditions de chant lyrique pour une opérette que j’allais monter. Une jeune femme est arrivée, et a chanté “L’air des bijoux”. Vous vous souvenez de la Castafiore? Ce n’est pas un air triste ou même émouvant. Et de plus, j’avais entendu plusieurs auditions depuis le début de la journée et j’en avais vu et entendu de toutes sortes. Pourtant… j’ai éclaté en sanglots. Inexplicablement. C’était comme de la magie. Je me demandais ce qui m’arrivait. Qu’est-ce qui m’avait touché si profondément?(je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer). L’art. Ce tourbillon magique, ce lien, qui vient d’on ne sait où, qui passe à travers l’âme, et que les cordes vocales et le corps entier ont l’humilité, la confiance et l’habileté de laisser passer, de laisser s’exprimer. C’est aussi l’essentiel; l’émotion qui, quand elle est libre, dévoile tout de son instrument. Dans toute forme d’art, c’est l’émotion qui gagne. Toujours. C’est la même chose pour les comédiens et comédiennes, les danseurs et les danseuses, les musiciens et les musiciennes, bref, tous les artistes. L’IA ne fait qu’imiter tout ça avec des paramètres numériques. De plus en plus sophistiqués, oui, c’est impressionnant j’en conviens, mais ça reste une illusion, ça reste en surface, ça ne passe pas par l’âme.

❤️

Alain

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Lettre de mon chien:

« Alain,

Je connais ton prénom même si je ne l’ai jamais prononcé.
Je t’écris ce petit mot pour te remercier du fond du cœur.
En 2010, tu as rendu visite à Cécile, mon éleveuse, pour choisir un ami à vie. Et tu m’as choisi. Merci. Ce que tu ne savais pas, c’est que ma vie serait très courte. Seulement sept ans.
Mais tu sais, je ne me plains pas! Ce furent sept années merveilleuses.
Tu m’as touché, tu sais… Oui, c’est la première fois que je t’en parle; entre le moment où tu m’as adopté au chenil et le moment où tu es venu me chercher, il s’est passé beaucoup de choses. Tu as dû attendre longtemps. Encore merci. Ma maman m’avait fait mal, sans le vouloir. Elle m’a mordu, ça s’est infecté, et j’ai attrapé une méningite. J’ai été obligé d’aller à l’hôpital et d’y rester plusieurs jours. Toi, tu savais tout ça, parce que Cécile te tenait au courant, et tu attendais. Tu m’attendais. Même si Cécile t’a dit que je pourrais avoir des séquelles et qu’elle te proposait d’adopter un autre chien, toi… tu me voulais, moi. Alors tu m’attendais. Merci. Merci d’avoir attendu.
Tu sais, c’est beaucoup d’amour à recevoir. Je n’ai donc pas pu m’empêcher de t’en donner après, moi aussi. Le plus que je pouvais. Je sais que tu l’as ressenti, car tu me l’as dit quand j’étais dans tes bras au moment où j’ai dû partir pour toujours. Je t’ai entendu pleurer pendant que je m’envolais.
Je n’ai finalement eu aucune séquelle de la méningite, à part un œil qui disait un peu merde à l’autre.
C’est toi qui disais ça.
J’ai eu sept ans de vie magnifiques, Alain! On a joué, on a marché, tu m’apprenais plein de choses, je te faisais rire. On était tellement bien! Quand je te sentais heureux, je l’étais moi aussi. Quand tu n’allais pas bien, j’étais là pour toi. Je le suis encore, tu sais… tout à côté. Et je pense souvent à toi. Je pense souvent à toi parce que je te ressens très fort, tous les jours. Je sais que, toi aussi, tu es avec moi.

Merci Alain.
Tu n’es pas obligé de me répondre parce que c’est étrange mais, je sens, en t’écrivant, que tu me parles un peu toi aussi en même temps.
Je t’aime.

Oscar, ton chien
2010-2017 «